Auteurs physiques : DUMONT (A.), BESSIERES (N.), RAZAFINDRAFARA (G.), RAVIT (M.), BENBASSA (A.)
Titre du périodique : REVUE D'EPIDEMIOLOGIE ET DE SANTE PUBLIQUE
Volume, numéro : 67
Numéro du fascicule : 2
Année d'édition : 2019/04
Pagination : 120-125
ISSN : 0398-7620
Résumé : La recherche des human papilloma virus (HPV) à haut risque oncogène est un outil très efficace de prévention du cancer du col de l’utérus. L’objectif de cette étude est de comparer la prise en charge actuelle des patientes dépistées par l’inspection visuelle après coloration à l’acide acétique (IVA) dans la région d’Atsinanana à Madagascar à la prise en charge des patientes dépistées par un test HPV, couplé à un test IVA de triage pour les femmes HPV positives. Lors des deux dernières campagnes, les premières patientes dépistées (entre 26 et 120 femmes selon le centre) ont été prélevées à l’aide d’un écouvillon sec, juste avant la coloration à l’acide acétique, pour une recherche des 14 génotypes d’HPV-HR selon le test Cobas® de Roche Diagnostics. Nous avons comparé la prise en charge actuelle basée sur l’IVA primaire à celle qui aurait été mise en œuvre si le médecin avait appliqué les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé en matière de dépistage par HPV primaire. Un modèle de régression de Poisson conditionnelle, à effet aléatoire et variance robuste, a été utilisé. Parmi les 250 femmes dépistées, 28 (11,2 %) présentaient des lésions acidophiles au niveau du col de l’utérus ou suspectes de cancer invasif (IVA+) et dans 62 cas (24,8 %) la recherche d’HPV-HR était positive. La stratégie basée sur le test HPV primaire diviserait par deux le nombre de patientes traitées par thermocoagulation : 24 patientes traitées (9,6 %) avec IVA primaire contre 13 patientes traitées (5,2 %) avec HPV primaire ; RR : 0,52 et IC à 95 % : 0,27–1,02 ; sans augmenter le risque de ne pas diagnostiquer une lésion dysplasique sévère, ni un cancer invasif. Le dépistage primaire par un test HPV est une option envisageable pour un pays à faibles ressources comme Madagascar. Elle permettrait de réduire les faux positifs et les traitements inutiles par rapport à la stratégie actuelle basée sur l’IVA primaire. La question de la faisabilité de mise en œuvre et du coût-bénéfice de cette option reste à déterminer.
Mots-clés : Afrique, Cancer, Code génétique, Dépistage, Madagascar, Prévention, Traitement, Utérus, Utérus [pathologie], 2016-2017
Localisation : ORSRA : 17600
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