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Aspects épidémiologiques, cliniques et judiciaires des violences physiques faites aux femmes dans la région de Tambacounda (Sénégal).


Auteurs physiques : LEYE (M.M.M.), NDIAYE (P.), NDIAYE (D.), SECK (I.), FAYE (A.), TAL DIA (A.)
Titre du périodique : REVUE D'EPIDEMIOLOGIE ET DE SANTE PUBLIQUE
Volume, numéro : 65
Numéro du fascicule : 3
Année d'édition : 2017/06
Pagination : 189-196
ISSN : 0398-7620
Résumé : Introduction : Pour contribuer à la lutte contre les violences physiques faites aux femmes, ce travail avait pour objectif d’effectuer le bilan décennal des cas traités au tribunal régional de Tambacounda. Méthodologie : Une étude d’observation rétrospective, descriptive et analytique a porté sur l’ensemble des dossiers judiciaires des victimes de coups et blessures volontaires de 2006 à 2015. Les données ont été collectées entre le 15 octobre 2014 et le 15 avril 2015, et saisies et analysées avec le logiciel Epi info 3.3.2. Résultats : Au total, 113 cas ont été traités. L’âge moyen était de 26,5±(10,08) ans pour les victimes contre 32,5±(13,8) ans pour les agresseurs. Les victimes étaient toutes de sexe féminin, et 77,9 % des agresseurs de sexe masculin. Les agressions se déroulaient surtout durant la journée (57,5 %), et au domicile des victimes (61,0 %), dans la rue (16,8 %) et dans la brousse (12,4 %). Le délai de consultation était inférieur à 24heures pour 54,9 % des victimes. L’examen clinique a identifié 15 % de fractures, 13,5 % de contusions, 10,6 % de plaies pénétrantes, 9,7 % d’hématomes, 7,9 % de traumatismes oculaires, 7,9 % d’avulsions dentaires, 7,1 % d’algies diffuses, 6,2 % de polytraumatismes, et 5,3 % de traumatismes sur grossesse. Parmi les violences, 33,6 % étaient conjugales ; 11,5 % étaient associées à un viol, 3,6 % à des violences psychologiques, et 1,8 % à un viol et des menaces de mort. Le viol était statistiquement plus fréquent chez les victimes mineures [OR=10,7 (3,2–35,5)] et/ou instruites [OR=5,8 (1,7–19,9)] et quand les violences avaient eu lieu dans la brousse [OR=7,5 (2,2–14,2)]. Les agresseurs ont agi seuls dans 94,7 % des cas et ont été emprisonnés pour 73,5 % d’entre eux, avec emprisonnement ferme dans 89,2 % des cas. Conclusion : À Tambacounda, les autorités sanitaires et judiciaires devraient renforcer la sensibilisation des populations au risque de violence. L’extension d’une telle étude au niveau national permettrait de mieux orienter les stratégies de lutte contre ce fléau.
Mots-clés : Afrique, Enquête rétrospective, Femme, Peine judiciaire, Procédure judiciaire, Sénégal, Traumatisme, Victime, Viol, Violence, Violence conjugale, 2006-2015
Localisation : ORSRA : 16902

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