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Quelles données pour quels objectifs, une question essentielle de Santé Publique, 2e colloque de la RESP (vendredi 23 novembre 2001). - La qualité des données de mortalité sur le suicide.


Congrès : Quelles données pour quels objectifs, une question essentielle de Santé Publique. Colloque.
Ville du congrès : Paris. FRA
Auteurs physiques : JOUGLA (E.), PEQUIGNOT (F.), CHAPPERT (J.L.), ROSSOLLIN (F.), LE TOULLEC (A.), PAVILLON (G.)
Auteurs moraux : CépiDc - Inserm - Centre d'Epidémiologie sur les Causes Médicales de Décès. Le Vésinet. FRA
Titre du périodique : REVUE D'EPIDEMIOLOGIE ET DE SANTE PUBLIQUE
Volume, numéro : 50
Numéro du fascicule : 1
Année d'édition : 2002
Pagination : 49-62
ISSN : 0398-7620
Résumé : La prévention du suicide constitue actuellement en France une priorité de santé publique. Dans ce cadre, les indicateurs de mortalité sont très souvent utilisés, que ce soit pour décrire la situation épidémiologique ou pour évaluer les actions de santé publique. C'est pourquoi il est essentiel de se poser la question de la qualité de ces indicateurs. L'objectif de ce travail est d'identifier les biais potentiels affectant la qualité des données de mortalité par suicide, ainsi que leur comparabilité entre pays, et d'évaluer dans quelle mesure la prise en compte de certains d'entre eux modifie les conclusions tirées de l'analyse des données de base. L'identification des biais potentiels est effectuée en étudiant les caractéristiques du système de certification des décès par suicide et en analysant la littérature internationale récente traitant de la qualité des données. L'impact des biais est évalué en analysant les causes de décès "concurrentes" au suicide dans les statistiques officielles (traumatismes et empoisonnements causés d'une manière indéterminée quant à l'intention et causes inconnues). La part des suicides dans les causes de décès "concurrentes", estimée à partir d'enquêtes spécifiques, est extrapolée aux données officielles. Cette méthode est également utilisée pour corriger les données internationales, Les pratiques de certification en cas de morts violentes varient sensiblement au sein d'un pays et selon les pays : type de médecins certificateurs, fréquence des enquêtes médico-légales, fréquence des autopsies, critères de définition d'un suicide, règles de confidentialité, contexte religieux et culturel. Ces différences de pratiques peuvent conduire à des fréquences variables de causes indéterminées ou inconnues. Les corrections effectuées sur les données de mortalité après prise en compte de ces biais potentiels montrent que les taux de suicide déterminés à partir des données officielles sont sensiblement sous-évalués, mais que les caractéristiques socio-démographiques et géographiques du suicide changent peu après correction. De même, l'ordre des pays reste semblable après prise en compte des causes concurrentes. Il est bien sûr important de disposer d'une évaluation fiable de la fréquence des suicides dans un pays. Cependant, on peut caractériser les populations à risque et analyser les déterminants des conduites suicidaires sans que forcément tous les suicides soient enregistrés, à la condition que les biais de déclaration restent stables. L'analyse des statistiques de décès par suicide en France montre que, malgré une sous-déclaration, les principales caractéristiques sociodémographiques, géographiques et les tendances dans le temps peuvent être considérées comme valables. Une série de recommandations permettraient cependant d'améliorer la validité et l'homogénéité des méthodes de certification des décès. L'établissement de critères opérationnels destinés à guider les médecins certificateurs pour décider d'un suicide serait nécessaire.
Mots-clés : Suicide, Mortalité, Certificat médical décès, Etiologie, Biais, Evaluation, Statistique, Homme
Localisation : ORSRA : INIST-CNRS, réseau BDSP

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